Parc National de Kakum
Photo: Walter Callens Le parc national de Kakum, vestige d’une forêt dense équatoriale sempervirente significativement dégradée de la côte ouest de l’Afrique, abrite toujours une abondante variété d’espèces, dont 400 espèces de papillons, 266 espèces d’oiseaux et des espèces caractéristiques comme l’éléphant des forêts (Loxodonta cyclotis). Il fut créé en 1992. Le parc national de Kakum et la réserve écologique d’Assin Attandanso voisine sont tous deux gérés comme un parc national. Bien que la désignation officielle des deux sites soit "Zone de conservation de Kakum", nous parlons du "parc national de Kakum" pour faire référence aux deux espaces.
Kakum, d’une superficie de 360 km2, est l’un des sept parcs nationaux du Ghana, et l’un des trois (avec le parc national de Mole et la réserve écologique de Shai Hills) équipés d’infrastructures pour l’écotourisme. Le parc national de Kakum est renommé pour sa passerelle suspendue unique, la seule du genre dans toute l’Afrique.

Avant de devenir un parc national, le site était une réserve forestière administrée par la Division de la Forêt. L’exploitation forestière sélective a commencé dès 1936, l’acajou étant l’essence privilégiée. Les activités d’exploitation se sont poursuivies jusqu’en 1989, quand l’administration de la réserve est passée de la Division de la Forêt à la Division de la Faune (Wildlife Division).

Photo: Magda Prokopowitz Kakum est surtout composé d’une forêt dense humide. On y retrouve aussi d’autres types de végétation, dont des forêts marécageuses (permanentes et saisonnières) et des forêts ripicoles. Pour ce qui est de la faune, Kakum abrite un grand nombre de mammifères, notamment une population d’environ 200 éléphants des forêts (Loxodonta africana cyclotis), des pottos de Bosman (Perodicticus potto), des galagos de Demidoff (Galago demidovii), des colobes de Geoffroy (Colobus vellerosus), des cercopithèques diane (Cercopithecus diana roloway) (singe probablement disparu), des colobes olives (Colobus verus), des mones de Campbell (Cercopithecus campbelli lowei), des hocheurs blanc-nez (Cercopithecus petaurista petaurista), des civettes (Viverra civetta), des nandinies (Nandinia binotata), des léopards (Panthera pardus), des bongos (Tragelaphus euryceros), de nombreuses espèces de duikers (petites antilopes), de potamochères (Potamochoerus porcus pictus), des hylochères (Hylochoerus meinertzhageni), des pangolins à longue queue (Manis tetradactyla), des pangolins ordinaires (Manis tricuspis), des pangolins géants (Manis gigantea), de nombreuses espèces d’écureuils arboricoles, les porcs-épics d’Afrique (Hystrix cristata), les crocodiles pygmées (Osteolamus tetraspis) et autres. L’avifaune du site est aussi particulièrement riche ; en fait, Kakum a été désigné comme «Zone d’Importance pour la Conservation des Oiseaux - ZICO» (Important Bird Area). On y a répertorié approximativement 266 espèces d’oiseaux, et il en existerait 56 autres, mais cela reste à confirmer. Kakum est surtout connu pour sa variété phénoménale de papillons : on a repéré au moins 405 espèces de papillons dans la région, et l’on pense que ce nombre passerait à 600 si une étude exhaustive était menée.

Projets de conservation antérieurs

Le parc national est administré par la Division de la Faune de la Commission des Forêts . Ses bureaux sont situés dans la partie sud du parc, près du village d’Abrafo. La Division de la Faune (Wildlife Division) est chargée de gérer et de protéger le site, et sa mission est triple : a) protéger la biodiversité, b) améliorer la situation économique des collectivités périphériques, c) développer le tourisme. À l’heure actuelle, la Division de la Faune administre le parc national de Kakum et la réserve écologique d’Assin Attandanso voisine sous la réglementation sévère s’appliquant aux parcs nationaux. Les activités de la Division de la Faune consistent surtout à empêcher le braconnage et l’entretien physique des frontières du parc. En plus de ces tâches principales, l’unité de gestion coopérative des ressources du parc travaille étroitement avec les communes de la région. Ce travail a surtout porté sur deux questions : a) la sensibilisation du public et b) le contrôle des invasions d’éléphants dans les terres agricoles adjacentes et la réduction des dommages. Désireuse d’améliorer la collaboration entre elle et les collectivités avoisinantes, la Division de la Faune a mis sur pied deux comités consultatifs sur la gestion des zones protégées (Protected Area Management Advisory Units ou PAMAU) : l’une pour la réserve écologique d’Assin Attandanso et l’autre pour le parc national de Kakum. Les décideurs locaux font partie de ces comités qui cherchent à aborder les questions relatives aux collectivités habitant ces régions protégées et à proposer des solutions à d’éventuels conflits.

Le parc national a reçu l’aide technique de Conservation International. Conservation International a également participé au programme contre les saccages des plantations par les éléphants, en proposant des méthodes efficaces aux fermiers, comme des clôtures aspergées de poivre moulu afin de réduire ces invasions. Bien que Conservation International ne participe plus au projet, la Division de la Faune a pris le relais et a mis sur pied des comités communautaires de protection de la faune et des cultures, composés de bénévoles locaux qui habitent aux abords du parc et qui se font les intermédiaires (évaluation des pertes financières, sensibilisation du public contre le braconnage, promotion du poivre pour réduire les dommages, etc.) entre la Division de la Faune et les habitants, lorsque des éléphants ou d’autres animaux causent des dommages à leurs plantations. Le saccage des plantations constitue un problème grave aux environs de Kakum. Ces invasions d’éléphants ont lieu entre juin et octobre, lorsque les cultures sont à pleine maturité et qu’il n’y a plus de fruits à récolter dans la forêt. À titre d’exemple, en 2007, 150 saccages ont été enregistrés aux quatre coins du parc.

Le parc national de Kakum a fait l’objet d’études exhaustives, mais il n’existe aucune instance chargée d’une évaluation régulière. On y mène des relevés systématiques uniquement pour les éléphants des forêts, tous les 3 ou 4 ans.

Contexte socio-économique


Photo: MicrosfereOn trouve environ 60 petits villages et localités autour du parc national de Kakum. Les données démographiques ne sont pas connues, mais la population de la région atteindrait de 65 000 à 70 000 personnes. La majorité des habitants des localités avoisinant le parc viennent d’autres régions du Ghana. Ils s’y seraient établis en raison des terres fertiles et des conditions climatiques favorables à l’agriculture. L’agriculture est l’activité économique principale, le cacao étant la culture marchande de base et cultivé par la plupart des foyers. En parallèle, la plupart des foyers s’adonnent à une agriculture de subsistance (la banane à cuire, le manioc, le maïs, le chou caraïbe, l’igname, le riz et les légumes). L’élevage de bétail, la production de gin du pays (apeteshie) et d’huile de palme et le commerce à petite échelle sont d’autres activités économiques pratiquées. De nombreuses familles se consacrent à la récolte de produits forestiers non ligneux (PFNL), tels que les champignons, les escargots, les tortues et les fruits. Néanmoins, comme l’accès au parc est restreint, les habitants de ces localités avoisinantes n’ont accès à ces produits qu’à l’extérieur du parc national de Kakum. Avant la création du parc national, la chasse était la principale source de nourriture pour les collectivités locales. Les infrastructures autour de Kakum sont très peu développées.

 L’accès aux ressources et le transport déficient jusqu’aux marchés réduit nettement la possibilité de mettre en marché les cultures marchandes et autres produits.