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Zone Humide d'Amansuri
Photo: MicrosfereLa zone humide d’Amansuri est une zone protégée localement dans le cadre d’un partenariat conclu entre la Société pour la faune du Ghana (Ghana Wildlife Society) et les chefs et le peuple de la région traditionnelle occidentale de la culture Nzema. La zone humide se trouve dans le littoral ouest du Ghana, dans la Région Occidentale du pays. Elle se situe à environ 360 km à l’ouest de la capitale, Accra. Le centre urbain important le plus proche, Half-Assini, se trouve à 35 km à l’ouest. À l’époque coloniale, la région était appelée Apolonia, et on peut encore y observer des vestiges du passé, notamment le fort d’Apolonia dans le village de Beyin.

Le bassin-versant d’Amansuri se situe dans la région de forêt sempervirente du Ghana, un type de forêt caractéristique des zones de grande pluviosité. La zone humide d’Amansuri, qui s’étend sur plus de 100 km², est un ensemble relativement vierge de lagune d’eau douce, de forêts, de prairie et de rivières, qui comporte la plus grande superficie de forêt marécageuse encore conservée au Ghana. C’est la seule forêt marécageuse de tourbe du Ghana et c’est le meilleur exemple de forêt marécageuse d’eau douce au pays, caractérisée par des eaux humifères noires. Plus de 70 % du site est recouvert de forêt marécageuse, ce qui rend l’accès très ardu en de nombreux endroits et a contribué à la conservation de nombreuses zones.

Photo: Ghana Wildlife SocietyLes inventaires faunistiques ont permis d’identifier 27 espèces de mammifères, y compris le colobe blanc et noir d'Afrique ; le mona et le singe hocheur ; le grand écureuil de Stanger ; le potamochère, porc sauvage d'Afrique également connu sous le nom de cochon d'eau ; 26 espèces de reptiles et d’amphibiens, dont le faux-gavial (ou crocodile à nuque cuirassée Crocodylus cataphractus) et le crocodile pygmée (Osteolamus tetraspis), le mamba vert et le faux cracheur, ainsi que 26 espèces de poissons. De plus, la richesse de la faune aviaire de la région est assez remarquable avec de nombreuses espèces migratrices. On y a déjà recensé 105 espèces d’oiseaux, dont 65 sont dignes d’efforts mondiaux et nationaux de conservation. Compte tenu de l’abondance ornithologique de la région, elle a été classée Zone d’Importance pour la Conservation des Oiseaux (ZICO ou IBA en anglais), et correspond aux normes de la Convention Ramsar sur les zones humides d’importance internationale . Néanmoins, elle n’est pas encore officiellement désignée comme « site Ramsar ». La zone se démarque également, en fait de biodiversité, grâce au littoral qui comporte de nombreux sites de nidification d’espèces variées de tortues de mer telles que la très rare tortue luth (Dermochelys coriacea), la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue olivâtre ou tortue bâtarde (Lepidochelys olivacea). Quant à la flore, 33 % des 237 espèces de plantes identifiées sont endémiques à la zone humide.

Projets de conservation antérieurs


Photo: Jorge OrtizLes plus graves sources de menaces pour la conservation de la biodiversité dans la région sont le démantèlement des approches traditionnelles de gestion des ressources (comme par exemple les tabous locaux) et la prolifération de la Vossia cuspidata, dite « herbe à hippopotame », causée par l’eutrophisation de l'eau et affectant la reproduction des poissons. Sur la côte, la consommation d’œufs de tortues de mer par les habitants de la région est très problématique également. Il se pratique parfois d’autres activités contrôlées en théorie par les règlements en vigueur, comme la culture sur brûlis, le brûlage de l’herbage pour le pâturage, l’abattage des arbres pour le bois de chauffage, ainsi que la chasse.Depuis l’an 2000, la Ghana Wildlife Society (GWS ou Société ghanéenne pour la faune), en collaboration avec le Western Nzema Traditional Council (WNTC ou Conseil de tribu de Nzema de l’ouest), met de l’avant le projet ACID (Projet de conservation et de développement concerté d’Amansuri). Le but du projet est de protéger l’écosystème de la zone humide afin de conserver les fonctions écologiques et la beauté des paysages, tout en permettant l’exploitation à faible répercussion des ressources par la population locale. Le projet se conforme à la volonté du gouvernement ghanéen sur la forêt et la faune, en vue d’impliquer la population locale dans la conservation et la gestion des ressources naturelles. L’objectif principal d’ACID est le développement de l’écotourisme. En effet, la zone humide d’Amansuri est aujourd’hui le théâtre d’un programme exemplaire d’écotourisme, auquel participent directement les collectivités locales qui sont les bénéficiaires principaux des revenus tirés du programme. Au cours des premières années de l’ACID, le programme d’écotourisme s’articulait autour de visites du village sur pilotis de Nzulezo (le seul du Ghana). Aujourd’hui, néanmoins, des efforts continus contribuent à diversifier les produits écotouristiques offerts aux visiteurs. Une campagne de sensibilisation a été menée pour faire comprendre l’importance du lieu. Un troisième volet d’ACID est le fonds pour le soutien et le développement des petites entreprises, qui a accordé du microcrédit à 115 bénéficiaires dans 6 localités. Microsfère contribuera à faire croître ce volet du projet ACID, en collaboration avec la GWS.

Conditions socio-économiques

Les activités économiques principales de la région d’Amansuri sont la pêche, dans la zone humide et en mer ; la production d’apeteshie (gin local, fait à partir de la fermentation du vin de palme) ; la transformation de la noix de coco ; la culture à petite échelle de noix de coco, de palmier à huile, de manioc, de maïs, de cacao et de banane à cuire ; la fumaison du poisson et le commerce à petite échelle. La pêche en eau douce est particulièrement productive grâce à l’hétérogénéité des habitats. En outre, les tabous culturels locaux, limitant les périodes de pêche, l’équipement utilisé et les zones où la pêche est permise ont grandement contribué à éviter la surexploitation des ressources halieutique dans la zone humide. Étant donné que cette zone est protégée par la collectivité, les activités mentionnées sont permises bien que des restrictions s’appliquent. Trois des collectivités ciblées, Ebonloa, Miegynla et Nzulezo, sont situées dans l’aire protégée.

Note bibliographique : certains des renseignements ci-dessus sont tirés du Amansuri Wetland Ecosystem Management Plan, GWS, 2003 (programme de gestion de l’écosystème de la zone humide d’ Amansuri).