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Pas de charité

La charité n'est pas une réponse à la pauvreté. Elle aide seulement la propagation de la pauvreté. Elle crée de la dépendance et enlève aux individus l'initiative de traverser le mur de la pauvreté. Le déclenchement de l'énergie et de la créativité dans chaque être humain est la réponse a la pauvreté."

Muhammad Yunus
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Microfinance sociale
Qu’est-ce que la microfinance sociale ?

kakum_15.jpgLa microfinance sociale est l’un des instruments les plus révolutionnaires qui soient pour l’éradication de la pauvreté. Le terme fait référence au microcredit et à la microepargne. Avec le terme microcrédit on désigne les programmes qui donnent de petits prêts à des personnes en précarité pour des projets de création d’emploi indépendant. Il s’agit de démarrer une microentreprise (petite entreprise) ou de faire prendre de l’expansion à une microentreprise existante. Dans le cas de l’Afrique, on parle de prêts de l’ordre de 50 à 500 euros à des emprunteurs démunis qui n’ont pas accès aux systèmes bancaires classiques puisqu’ils n’ont pas les actifs nécessaires pour fournir des nantissements ou autres garanties. Le microcrédit aide les emprunteurs à devenir autonomes financièrement et constitue un outil remarquable pour stimuler l’emploi. Le concept et la pratique du microcrédit ont vu le jour dans les années 1970 alors que Mohammad Yunus et la banque Grameen ont commencé à accorder de petits prêts aux plus pauvres d’entre les pauvres, dans une zone rurale du Bangladesh. L’initiative est devenue un modèle pour des programmes similaires dans le monde entier. Grâce à ce projet né au Bangladesh, environ 100 millions de personnes profitent aujourd’hui du microfinancement, partout sur la planète.

Le microcrédit est aujourd’hui reconnu comme l’un des outils les plus économiques et efficaces dans le combat contre la pauvreté et l’accès à l’autonomie de groupes sociaux qui sont tenus traditionnellement à l’écart des marchés économiques et financiers “classiques”. Un autre avantage majeur du microcrédit est qu’il permet aux défavorisés de s’aider eux-mêmes au lieu de constituer une aide gratuite qui entraîne la dépendance. Le microcrédit est le service de microfinancement le plus répandu de nos jours. Les prêts, assurances, pensions, etc., sont d’autres services offerts.

Quel est le lien entre la microfinance sociale, la diminution de la pauvreté et la conservation de la biodiversité ?


kakum_11ter.jpgAutour de nombreuses zones protégées du monde, les collectivités rurales s’efforcent de tirer leur subsistance de la terre, par l’agriculture, la chasse et la pêche. Pour une grande partie de ces collectivités, la constitution de zones protégées dans leur voisinage a apporté d’importants bénéfices tels que la régulation du microclimat, une abondance accrue des espèces chassées dans les zones entourant la réserve, une hausse des revenus du tourisme, un contrôle de l’érosion, etc. Néanmoins, la nouvelle donne a aussi signifié un accès limité aux ressources naturelles. Par conséquent, ces populations ont vu leurs revenus décliner, et leurs activités économiques et de subsistance affecter de façon significative. Dans le but de contrer ces conséquences fâcheuses et pour assurer que les collectivités avoisinantes continuent d’appuyer la préservation des zones protégées, de nombreuses stratégies ont été mises en place. Le microcrédit en fait partie, et il vise à faire la promotion de gagne-pain alternatifs et durables par le soutien aux microentreprises.

Comment fonctionne un programme de microcrédit ?

Un programme de microcrédit peut être administré directement par une ONG ou, la plupart du temps, par une institution de microfinancement (IMF). Après un examen initial d’admissibilité par l’équipe du microcrédit (responsables des prêts), les emprunteurs potentiels sont invités à former des groupes de 10 à 20 personnes. Le responsable des prêts de l’ONG ou de l’IMF évalue les demandes des emprunteurs intéressés, et ceux dont la demande est acceptée sont admis dans le groupe. Ces groupes rencontrent fréquemment le responsable des prêts du programme de microcrédit, et chacun des membres est responsable des dettes encourues par les autres membres du groupe. Si un des emprunteurs ne peut rembourser son emprunt, les autres membres du groupe doivent remettre le montant qui fait défaut. Les emprunteurs sont encouragés à veiller sur le sérieux des autres membres du groupe pour s’assurer que personne ne soit incapable de rembourser sa dette. Une fois qu’un groupe a remboursé le montant intégral (capital plus intérêts), ses membres peuvent faire une nouvelle demande de prêt s’ils le désirent. Ce processus, mis en place par la banque Grameen, a mené à des taux de carence de paiement extrêmement faibles qui ne dépassent pas 5 % des prêts. La viabilité d’un programme de microcrédit dépend de sa bonne administration. Un des éléments clefs est le nombre d’emprunteurs : plus nombreux ils sont, plus il est facile de couvrir les dépenses encourues (personnel, transport, etc.). Les intérêts visent précisément à couvrir les dépenses encourues.